Un québécois en terre guatémaltèque

Par Samuel Laflamme

Je partage ici un récit de 14 semaines vécu au Guatemala durant l'hiver 2006. Une arrivée incognito au pays via sa capitale ; ciudad de Guatemala. Étant donnée la réputation dangereuse et véridique de celle-ci, je continue ma route vers la porte d'entrée de beaucoup de voyageurs ici : Antigua. C'est la ville de prédilection avec ses écoles d'espagnol, de danses latines, ses évènements culturels comme la « Semana Santa » et, bien entendu, ses endroits privilégiés pour festoyer toute la nuit. Encore ici, je vous invite à rester prudent, notamment la nuit. Beaucoup d'agressions armées se produisent. Avec des guides locaux, des randonnées spectaculaires peuvent être faites sur les volcans autour d'Antigua. Je ne citerai ici que le volcan « Pacaya » car il est le plus accessible et ce n'est pas tout les jours qu'un volcan crache de la lave à seulement une dizaine de mètre de vous !

Ce point de départ au pays vous permettra de créer des liens amicaux avec ne demi douzaine d'étrangers de citoyennetés différentes. Dans mon cas, je me dirigeai vers Montericco, une petite ville sur la côte pacifique près d'Antigua avec un New Yorkais, une Finlandaise, une Suédoise, une Allemande, une Anglaise, un Hollandais et moi, un Canadien. Belle diversité culturelle, non ?

Avant d'aller plus loin sur Monterrico, je vous parle d'une expérience très spéciale que j'ai vécu à Antigua. La « Semana Santa » aussi appeleé « Pâque » chez nous au nord, est un évènement religieux des plus importants ici. Les rues sont bondées de milliers de gens vêtus de tuniques qui nous rappelle le temps de Jésus. pour avoir participé moi-même à la « Procession » ; porté un énorme tombeau en bois massif avec Jésus dessus représenté portant la croix avec environs 90 autres personnes… alors je vous dis que j'ai fais un voyage dans le temps avec Jésus et les Romains. Magnifique défilé culturel ! Malgré que je ne comprenne toujours pas pourquoi le peuple latin soit si chrétien. Oui, ils ont été colonisés par les espagnols mais la chrétienneté semble si loin des croyances ancestrales mayas. Un autre mystère de la vie.

Retournons à Monterrico. Cette ville est réputée pour ses plages de sable noir brûlant. Entre l'atteinte de l'ombre des palmiers et l'eau, cette distance étais suffisante pour nous faire souffrir. C'est chaud pour un Québécois habitué à de la neige et les moins trente degrés. Monterrico est aussi très intéressant pour la « Reserva Natural de Monterrico ». On y protège plusieurs espèces de tortue qui vienne y pondre chaque année. J'ai eu la chance d'assister à la ponte des œufs d'une mère adulte énorme, âgée de 15 ans. J'ai aussi participé au relâchement de bébés tortues. Disons que les notions de parc sont bien différentes ici mais, au moins, ils ont la volonté de protéger avec les moyens qu'ils ont, c'est à dire avec un bien maigre budget.

Transportons-nous sur un point tournant du Guatémala, le lac Atitlan. Une énorme étendue d'eau où l'on se transporte principalement en chaloupe à moteur, vues les routes très accidentés dans la région. Le lac Atitlan est entouré par plusieurs volcans d'environ 3500 mètres d'altitude. Avec des Urubus (famille de vautours) virevoltant plus haut que nous sur les sommets, on commence à se penser dans les montagnes Andines. Seuls quelques mille mètres de hauteur les sépare. Beaucoup d'expériences culturelles peuvent être vécues ici à Atitlan. Que se soit les cérémonies de purification de tribus maya, la découverte de plantations de café, la confection de chocolat artisanale, la détente et la méditation par le biais de cours ou de massages, l'aide humanitaire, l'enseignement complémentaire dans les écoles ou encore l'assainissement des eaux du lac, toutes ces options sont réunies. Sans compter que la région de Atitlan est un endroit bien peu cher où l'on peut soit même pêcher son poisson dans le lac à l'aide d'un fusil harpon. Un endroit de rêve pour Robinson Crusoé.

Un autre point tournant pour l'écotourisme est Coban. Cette ville donne accès à l'arrière pays central du Guatémala. Un paradis de lagons peut être découvert non loin de là dans les montagnes. Quelle splendeur que mère nature nous offre ! En plus de pouvoir se baigner dans tous ces bassins florissants, il est possible d'explorer des grottes remplies de chauves-souris et où l'eau coule à flot.

Continuons notre périple vers le Rio Dulce. Une très grande rivière qui se jette dans la mer des Caraïbes. Un endroit qui maintenant, de par sa proximité de la mer, est envahi d'étrangers fortunés qui ont établi leur chalets d'été, voire même leur château de vacances, ici. La découverte de ces marécages et îles flottantes n'en est pas pour autant désintéressant.

Après avoir passé quelques sources thermales, nous arrivons à « Livingstone », petit village situé sur la côte des Caraïbes. Ici, choc ou décalage culturel. Ce sont les « Garifuna people » qui vivent en ces lieux. Un peuple qui selon moi n'a rien à voir avec les Guatémaltèques mais bel et bien avec les noirs venus d'Afrique dans le temps de la traite des esclaves. J'ai mangé ici les plus grosses crevettes de toute ma vie, au moins 15 cm de long. Et non, ce n'était pas des langoustines! Pour un amateur de fruits de mer, j'étais comblé. La découverte de la danse très sophistiquée, voire primitive des « Garifuna people» est le Reaggeaton devenu très populaire dans nos pays en manque d'adrénaline. Ce temps passé à les regarder m'a valu plusieurs heures de fous rires.

Voilà, je vous parlerais bien du requin-baleine que j'ai vu en plongée au Honduras ainsi que la superbe cité maya de Copan mais ceci est au Honduras.

Juste en terminant, mille et un projets en écotourisme et pour le développement durable sont à faire ici. Je vous dirais qu'avec même un petit budjet, nous pourrions arriver à faire de grandes choses.Je vous laisse en vous disant que le Guatemala est une destination riche en couleurs et en rencontres. L'américanisation se fait comme partout ailleurs, mais le Guatémala est l'un des pays latins les moins touchés. Comme on dit chez nous, une ville, c'est une ville. Je vous dirais que beaucoup d'endroit authentiques et vierges non contaminés par le mode de vie nord-américain reste là, paisiblement, à l'attente de se faire découvrir.

Auteur :
Samuel Laflamme, Québec, Canada.