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Un sapin bleu, blanc, rouge et vert, de la neige, du vent froid sec ou humide, des pluies fines. Là où je vais en cette journée brumeuse, les vitrines des magasins sont soigneusement décorées. Et la nuit, je me régale à regarder les arbres, les monuments et les rues de Paris particulièrement illuminés. Imprégnée par les chansons « Vive le vent» et « O douce nuit », cette ambiance étincelante sur l’avenue des Champs Elysées me rappelle que c’est déjà Noël et d’ici peu nous accueillerons une nouvelle année.
Riches et pauvres célèbrent Noël ! A la fois une fête religieuse et commerciale, elle est devenue le temps des cadeaux, des retrouvailles entre amis et familles. Au centre même des préoccupations sociétales, l’euphorie que produit cet évènement détourne momentanément les pensées sur les misères vécues quotidiennement. Bon nombre de pays au monde n’ont pas encore fini avec la longue traversée de la lutte contre la pauvreté, Madagascar en fait partie. Pourtant, la grande île a de nombreuses potentialités : un climat favorable à l’agriculture, une biodiversité endémique, de nombreuses filières porteuses, entre autres la vanille, le girofle, les produits halieutiques, les fibres naturelles comme le raphia, le jute, le sisal, un grand attrait touristique notamment sur l’île de Nosy Bé au Nord. Elle dispose aussi de diverses ressources énergétiques renouvelables, des minerais et de nombreuses pierres précieuses. Outre ses potentiels économiques, Madagascar est un pays qui se distingue par sa richesse culturelle et humaine.
Noël est aussi une occasion d’ouverture d’esprit et d’échange universel. Je suis émue quand je lis le courriel d’une amie qui est à Madagascar. Elle m’envie de passer un Noël tout blanc dans le grand froid. Moi, je suis saisie de nostalgie de ces jours de fête en cette saison chaude et orageuse de mon pays natal. Pour les Malgaches, les pluies tropicales annoncent les préparatifs des fêtes. D’octobre à avril, le pays est balayé par des rafales de vents, des pluies diluviennes, de vifs éclairs, des coups de tonnerre au bruit assourdissant qui déchirent la nuit. Mais, ces nuages épais de chaleur et de noirceur sont toujours suivis par de belles journées ensoleillées.
En cette période de fête, le parfum des épices se mélange avec le goût acidulé des letchis de Tamatave, les délicieuses pêches, prunes et abricots des hautes terres centrales principalement de la région du Vakinankaratra, les savoureuses mangues de Diégo Suarez. Tout comme la dinde farcie aux marrons et la gelée de canneberges est au Thanksgiving américain et les huîtres, le foie gras, la bûche aux Français, pour les Malgaches, un repas de Noël, de Nouvel An ou de Fête de l’Indépendance sans le plat typique traditionnel aux poulets, oies ou dindes rôties au porc accompagné de riz n’est pas un festin. Par ailleurs, toutes sortes de jouets « made in China » inondent les étalages des magasins, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. L’affluence de ces importations asiatiques notamment à Behoririka un quartier marchand au centre de Tana a changé en quelques années la donne du commerce local. Il règne immanquablement dans la ville un joyeux brouhaha où se mêlent les marchands ambulants de décorations, de casse croûte et de différents accessoires de mode. Ces camelots particulièrement assidus et déterminés n’hésitent pas à s’immiscer jusque dans les files de voitures pour essayer de vendre leurs produits, ce qui augmente inévitablement le cafouillage habituel de la circulation.
En dépit du coût de la vie, du sous-emploi, de la faiblesse des salaires affectant le pouvoir d’achat de la population locale, les Malgaches vivent ces fêtes avec effervescence. Au milieu de la pauvreté, les fêtes de fin d’année ne pourront être que porteuses d’espoir surtout pour les plus défavorisés, car même s’ils n’ont rien, admirer et savourer l’ambiance joyeuse de la ville, leur procure d’immense plaisir. La pauvreté actuelle qui sévit la masse populaire n’aurait pas lieu d’être, face aux multiples atouts du pays. Les résultats du scrutin municipal donneront-ils aux élus un regard nouveau, humain et lucide sur la situation difficile de cette population qui combat pour vivre? Sauront-ils introduire l’équité, la dignité humaine et la reconnaissance de l’effort fourni au sein des couches sociales ? D’autres en tout cas ont bien compris l’urgence d’agir à l’image de l'association Enfants de la Rue qui a offert à ses protégés une belle fête de la Nativité. D’autres personnalités locales ont participé à cette journée de solidarité dont le leader de la télécommunication nationale, la société Telma. L’association Sourire d’Enfants, elle aussi, est venue spécialement de France pour soutenir cette action !
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