|
80% des sources d’énergie domestique utilisées par les malgaches proviennent du bois et du charbon de chauffe. Cette forte consommation de bois explique 40% de la déforestation à Madagascar. En termes de coûts, les dépenses en combustibles des ménages utilisant du charbon de bois, équivalent à près de la moitié du salaire minimal d’intérêt général (SMIG). Dans le Sud, les femmes et les enfants allouent près de 15 heures par semaine pour chercher du bois. Ce fait, aggravé par la paupérisation de la quasi-totalité des ménages, pourrait expliquer le retard de la scolarisation des enfants et la faiblesse du taux d’alphabétisation des femmes.
Pourtant la zone dispose d’un potentiel important en matière de d’énergie renouvelable, l’alternative au charbon de bois. L’énergie solaire, gratuite et propre, y abonde et la zone bénéficie d’un ensoleillement toute l’année. D’autres projets émergents sont prometteurs, comme la transformation en combustible du charbon de terre de la Sakoa, de l’éthanol canne à sucre (de fabrication artisanale).
La valorisation et l’exploitation de ces nouvelles sources apporteront une solution au problème de développement durable de la région. Elles favoriseront la création d’emplois : l’exploitation de type artisanal du charbon de terre de la Sakoa fournira un travail pendant 5 ans à près de 3000 personnes (sources : WWF, août 2007) ; de nouveaux artisans/menuisiers appuieront la promotion des cuiseurs solaires (…). Par ailleurs, l’utilisation des nouveaux supports de cuisson apporteront plus sur le plan social : allègement des tâches ménagères, notamment la corvée de bois, souvent imputée aux femmes et enfants, la propreté à l’intérieur de la maison (plus de fumée comme lors de l’utilisation du bois de chauffe) ce qui permet de réduire l’incidence des maladies des yeux et des maladies respiratoires frappant les enfants en bas âge. En outre, elle contribuera à une meilleure allocation du temps pour les femmes : le gain de temps dans la cuisson et la recherche de combustible pourra être alloué à d’autres activités lucratives (artisanat,…), à l’alphabétisation. Sur le plan environnemental, l’utilisation des kits alimentés par les sources d’énergie alternative et/ou renouvelable contribuera à la baisse de l’exploitation des forêts sèches du sud, ainsi qu’à la diminution de l’émission de gaz à effet de serre et au maintien de la capacité de séquestration de carbone.
En dépit de ces divers avantages, le coût d’acquisition de ces kits limite l’accès des ménages cibles potentiels, ce qui fait que ces avantages restent méconnus de ces derniers. A cela s’ajoute la précarité des conditions de vie qui ne permet pas de faire une analyse à long terme des avantages apportés par les nouveaux supports de cuisson. Des entités œuvrent déjà dans la promotion des cuiseurs solaires dans la région telle que l’ADES (Association pour le Développement de l’Energie Solaire). Leur activité nécessite une forte sensibilisation et un appui financier aussi bien à l’attention des ménages (via micro finance, ou autres mécanismes) qu’à l’attention des entrepreneurs locaux.
|
|