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Madagascar est un sanctuaire de la nature dans lequel évoluent, au sein de ses 7 millions d’hectares de forêt, des milliers d’espèces floristiques (notamment les orchidées, les baobabs ) et faunistiques (les lémuriens, les caméléons et papillons) dont la majorité est endémique à l’île. Madagascar est également classé parmi les pays les plus pauvres de la planète : environ 75% de la population gagne moins de 1 dollar par jour .
Bon nombre de la population malgache puise dans les forêts les ressources nécessaires à la satisfaction de leurs besoins : bois de construction, bois d’oeuvre, bois de chauffe, plantes médicinales et alimentation (chasse, cueillette, eau). A cela s’ajoute la pratique d’une agriculture de subsistance basée sur le défrichement, la culture itinérante. 2.5% de la forêt malgache disparaît ainsi annuellement suite à de telles pratiques. Le phénomène d’érosion s’accentue ainsi, causant l’ensablement des rivières, des grands bassins agricoles et la diminution de la terre arable. D’où une paupérisation des gens vivant aux alentours des forêts, qui sont pour la plupart des zones enclavées.
Actuellement, diverses entités nationales et internationales oeuvrent dans la protection et la conservation de l’environnement à Madagascar : Conservation International, Fondation Tany Meva, WWF, Office National de l’Environnement (ONE), Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées (ANGAP). Si auparavant la préoccupation était surtout focalisée sur la conservation pure des ressources naturelles, la prise en considération des gens vivant à l’intérieur et aux alentours des zones riches en biodiversité est désormais intégrée dans les stratégies d’action. Ainsi par exemple, les gens vivant aux alentours des aires protégées (AP) gérées par l’ANGAP bénéficient des 50% des recettes issues des prix d’entrée. Ce fond est alloué à la mise en place d’infrastructures communautaires (pompes publiques, écoles, centres de santé) ou au renforcement des associations paysannes pour la promotion de petites activités génératrices de revenu via l’écotourisme (guide, artisanat,…). Des activités d’éducation environnementale sont menées également en parallèle afin de sensibiliser les locaux sur la valeur et l’importance des ressources naturelles. Il s’agit là d’un volet important pour acquérir leur adhésion pour la protection de ces richesses.
On constate néanmoins un déséquilibre entre la ristourne auprès de la population et les pertes que cette dernière a subit suite à l’implantation des zones protégées. Certes, la mise en place des infrastructures de base s’avère importante pour l’amélioration du bien-être des gens, toutefois satisfaire leurs besoins primaires tels que se nourrir et se vêtir devient primordial. Comment des individus qui ont du mal à trouver de quoi manger ce jour et à qui aucune alternative n’est offerte pourraient-ils penser au futur et à la conservation des ressources naturelles ?
Pour Madagascar, de grands pas ont été faits en matière de développement durable mais force est de constater que beaucoup reste encore à faire. Rendons-nous à l’évidence, la question sur le développement et la gestion durable des ressources naturelles fait appel à une approche intégrée où les environnementalistes et conservateurs sont appelés à travailler conjointement avec les projets de développement (amélioration de techniques agricoles, promotion d’activités alternatives aux pratiques destructrices de l’environnement).
Pourrons-nous nous attendre à un changement de la situation avec les grands programmes et projets actuels du gouvernement?
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Madagascar, une déforestation
préoccupante. par Mahefa Rakotobe
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