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Les résultats du premier tour couronnent monsieur Sarkozy et madame
Royale. Monsieur Bayrou devient le maître du jeu. En attendant le duel
final voici mon regard de franco-canadien sur cette campagne présidentielle
française.
Bien avant la campagne officielle, un air de changement soufflait sur la
politique francaise. L'aire chiraquienne se termine et chaque candidat a
affuté ses arguments sur l'Europe et la jeunesse. L'écologie tenait la
vedette et apparaissait comme l'enjeu majeur de cette campagne. Elle s'est
transformée en débat d'idées entre candidats des grands partis dit "ténors"
et les autres, qualifiés de "petits candidats", entre vote utile et vote
pour ses idées.
Après les referendum francais et néerlandais et l'intégration de nouveaux
membres, l'Europe est « en panne » et traverse une crise identitaire.
Pourtant à part les positions claires de monsieur Schivardi et de monsieur
de Villiers, on entend les même discours qu'à l'habituel. La jeunesse,
diplômée ou non, peine à trouver un premier emploi et à le pérenniser. Le
discours entendu n'offre pas de solution nouvelle. Certains partis ont
ressorti des placards la notion d'emploi jeune, de contrat nouvelle
embauche... rien de neuf sous le soleil francais.
L'écologie et le changement climatique font chaque jour ou presque la
manchette des médias, pourtant le débat s'est résumé à un service minimum.
Le pacte de monsieur Hulot à été signé par la plupart des candidats mais le
débat de fond sur une société plus écologiste a disparu. L'écologie est
peut être même devenue la grande absente de cette campagne à moins que ce
ne soit la sécurité !
La sécurité apparaît comme un sujet majeur, mais étouffé pour éviter un
nouvel avril 2002. Il y a bien sûr le "tout sécuritaire" de Monsieur Sarkozy
qui a été entendu et qui peut même faire peur !
Qu'est-il devenu du changement qui fait rêver mais qui tétanise aussi
les francais? Monsieur Bayrou se présente comme l'homme idéal pour modifier
la société. Monsieur Sarkozy parle de rupture tranquille et madame Royale
joue sur son image de femme candidate.
Finalement, sur quoi a été construit la campagne 2007? A mon avis, sur
le nationalisme et la peur d'un nouvel avril 2002.
De l'extrême gauche à l'extrême droite, du désordre à l'ordre militaire,
où se situe la limite ? Le nationalisme et la notion de nationalité ont peut
être été le seul sujet véritablement traité. Est-il le sujet le plus
important pour la France aujourd'hui ? Toute cette histoire ne fait-elle
pas le jeu des extrêmes que l'on veut combattre ? Le résultat prouve que
non !
On explique régulièrement aux francais que le choix est se fait entre
Droite et Gauche, Madame Royale ou Monsieur Sarkozy. Une campagne un peu
réductrice et basée sur la peur d'un nouvel avril 2002. Le thème mis sur le
devant de la scène est peut être tout simplement la définition du "vote utile".
Les "petits" candidats et madame Buffet dénoncent cette attitude et cette
sorte de pression sur le vote. Ne votez pas pour vos idées cela est inutile
et dangereux. Cette campagne dérive donc dans une dualité "ténors" et
"petits" candidats. Peut importent les idées, peut importent les discours
ce qui compte c'est de déjouer l'extrême droite. Voilà le genre de discours
diffusés aux francais. La tournure des choses apparaît comme dangereuse.
Si aujourd'hui une campagne est réduite à la notion de vote. Où est la
démocratie et le débat d'idée à la francaise ?
Une chose est sûre, cette élection aura jamais autant mobilisée les
électeurs. Après les inscriptions massives sur les listes électorales, le
taux de participation avoisine 85 %. Civisme ou peur à vous de juger !
Bref une campagne ou tout à été survolé. Aucun débat, aucune idée
nouvelle. L'idée du vote utile, le traumatisme de 2002 et l'absence de
débat de fond a perturbé les francais et les a rendu indécis jusqu'à la
dernière minute. Le changement va t'il arriver ? La force de monsieur Bayrou
et le premier discours de monsieur Sarkozy indiquent une tendance vers le
changement. Affaire à suivre.
Après De Gaulle, Giscard, Mitterrand et Chirac, la France aura un
visage issu d'une nouvelle vague de politiciens mais la rupture entre peuple
et politique risque bien d'être définitivement consumé.
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