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Le Darfour situé au Sud-Ouest du Soudan comprend 5 à 6 millions
d'habitants, regroupés essentiellement autour de trois ethnies, dont la
principale, l'ethnie foure. La découverte du pétrole, dans cette région, a
troublé le passage des chameliers arabes du sud engendrant ainsi, une
importantecrise humanitaire, depuis 2003. Le Darfour vit désormais au
rythme des violences exercées par les milices arabes sur les populations
civiles, et des bombardements du gouvernement soudanais sur certaines
régions. De tels actes ont entraîné 300 000 morts et 2,4 millions de
personnes déplacées. En mars 2005, la situation est déférée devant la Cour
Pénale Internationale afin que des poursuites soient engagées à l'encontre
des responsables des actes. Le Conseil de Sécurité adopte alors une
résolution visant le déploiement de casques bleus. Mais, cette décision est
rejetée par l'Etat Soudanais.
Une année de terrain passée dans le Sud Darfour, mène à la conclusion
que l'on n'intervient pas innocemment et qu' il n'y a pas d'intervention
sans risque d'échec ou d'injustice, sans inégalité de traitement, selon la
difficulté du terrain. Néanmoins, malgré les dangers et les imperfections,
il faut en accepter les risques et les ambigüités avec pour ultime et
seule conviction la protection des populations civiles et des droits les
plus élémentaires de tout être humain.
Dans ce type de contexte, il est difficile de savoir si une intervention
humanitaire est utile ou inutile, car on s'interroge sur sa légitimité,
sa nécessité, et son efficacité. La liste des souffrances est en effet
immense, depuis les calamités humaines jusqu'aux souffrances infligées par
le propre Etat sous la protection duquel tout citoyen soudanais devrait se
trouver. Toutes ces souffrances créent incontestablement un principe au
devoir d'assistance et un droit à l'accès aux victimes. Il reste que se
pose un problème de mesure : faut-il se borner à la nourriture et aux
soins ? Ou faut-il jusqu'à aller rétablir un pouvoir public responsable,
c'est à dire instaurer voir restaurer un Etat de droit ? De telles
questions restent encore en suspens au Soudan, à l'heure où certaines
valeurs morales universelles nous oubligent tous ; ce sont celles que
l'on trouve dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948,
qui commence par ces mots : "Chaque membre de la famille humaine a des
droits égaux et inaliénables".
On parle là des droits les plus élémentaires de tout être humain comme
le droit à la vie, à la nourriture, aux soins, à ne pas être arbitrairement
chassés de chez eux et ne pas être pas soumis à des traitements cruels ou
dégradants. La torture, le viol, la purification ethnique, rien de tout
cela ne doit être accepté par une culture qui respecte l'humanité.
C'est pourtant à toute cette humanité qu'aspire aujourd'hui chaque être
du Darfour, en clamant "Salam, salam, Darfour", signifiant "Paix, Paix à
toi Darfour."
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