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"Le développement durable ou la décroissance soutenable ? L'intérêt de
quelques uns ou notre avenir à tous ? recyclage des déchets ou analyse du
cycle de vie, permis de polluer ou principe pollueur payeur ?" (extrait
du site Internet cdurableinfo). Ces questions intéressantes ont toutes un
point commun le choix de vie d'une société voir même plus de la planète
entière. Depuis longtemps, à tort et à raison, les entreprises sont la
cible des écologistes ; elles sont accusées de tous les maux de la planète
mais aujourd'hui le virage "vert" du monde des affaires semble bien réel.
La philosophie de cette nouvelle tendance "écolo" est certes davantage
orientée par le souci du gain que par l'éthique. Mais peut importe, elle a
au moins le mérite d'exister.
Le monde capitaliste raisonne par gain et perte, par profit et déficit
alors pour le convaincre utilisons le même vocabulaire et arrêtons de parler
de contraintes, de sanctions. Il faut au contraire montrer les avantages
d'une gestion qui intégre les concepts de protection de l' environnement et
du développement durable.
La mise en place d'un système de management environnemental (SME) et
d'une norme telle que Iso 14001 apporte de nombreux bénéfices aux entreprises ;
par exemple un bilan complet du mode de fonctionnement ou encore une analyse
de toute les pertes et coûts. Après une période estimée à un an, les effets
les plus souvent notés sont une réduction des frais de fonctionnement, des
matières premières et une optimisation de la production. Dans l'industrie
papetière par exemple, une étude approfondie des déchets et notamment du
pourquoi des résidus de colorant, matière première à la fois onéreuse et
polluante, permet de réduire les pertes et donc les commandes. Cette économie
se répercute directement sur les budgets et les bénéfices. La publication
de différents rapports et la pression des individus induis une plus grande
prise en compte du climat au sein des SME. Les bourses du carbone mises en
place en France, en Hollande et en Australie intéressent de plus en plus le
monde économique. Le principe est simple et basé sur le système de la bourse ;
on accorde à chaque entreprise un taux d'émission de carbone dans l'atmosphère.
Si celle-ci dépasse le taux fixé, l'industrie doit payer des droits. Si ces
rejets sont en dessous de ce même taux, elle peut vendre la différence selon
la loi du marché. Ce système a un effet insoupçonné sur les entreprises
américaines. Un grand nombre de multinationales en association avec des
groupes de protection de l'environnement ont décidé d'interpeller le président
des Etats Unis pour une prise en compte du protocole de Kyoto. Le but ultime
n'est pas totalement écologique mais plutôt la peur de la concurrence, du
public ou encore la perte de marchés. A Washington, les entreprises jouent
la clef des lobbyings pour pousser à la réforme. La nouvelle majorité au
Capitole a même rejeté la politique environnementale de l'administration Bush.
Depuis quelques mois, les politiques américains proposent des lois plus ou
moins drastiques. Par exemple, le "Global Warming Pollution Actexternal 2007"
exige une réduction de 80% des émissions par rapport au niveau de 1990. Le
plan Lieberman, McCain Reintroduce Climate Stewardship and Innovation Act,
plus réaliste, demande la création d'un système d'échanges des émissions
basées sur le marché. La peur de sanctions financières et les lois contraignantes
gouvernaient l'action des industriels en environnement mais aujourd'hui la
donne est différente.
"La prise en compte du changement climatique dans la gestion des entreprises
pourrait ne pas coûter aussi cher que cela paraît" d'après le Global Climate
Impact Abatement Map (Plan mondial d'atténuation de l'impact du changement
climatique) commandé par la firme suédoise Vattenfall. Ce plan développe de
façon interactive ce point de vue par secteur ( transport, agriculture par
exemple ) par région et apparaît très ludique mais aussi très détaillé. Il
explique et montre les coûts réels du changement climatique. En prolongement
de ce rapport et du bilan du comité scientifique sur les changements climatiques
de l'UNESCo paru au début du mois de fevrier, une certaine effervescence
semble agiter les politiques : la commission européenne est en train de
peaufiner un programme d'action énergique sur les émissions de carbone et
le changement climatique. L'union se lance dans un programme de lutte contre
le changement climatique en lien avec sa sécurité d'approvisionnement
énergétique.
A l'aide de contraintes mais surtout de discours plus réalistes et
conformes au monde des entreprises, le dialogue de sourds entre écologistes
et industriels semble aujourd'hui avancer vers une interaction constructive.
Le coût des pollutions et des catastrophes naturelles, la répercussion sur
les primes d'assurances et enfin la sortie de nombreux rapports semblent
créer un climat propice aux changements et à la prise de conscience face
aux enjeux environnementaux.
Peu importe la philosophie et le but ultime, la prise en compte de
l'environnement et une envie de plus en plus présente d'un développement
durable constitue un fait positif. Comme a déclaré Nicolas Hulot sur France24,
il est normal que les premiers concernés par l'environnement et les créateurs
de richesse investissent dans l'action environnementale. Le monde de
l'entreprise réalise petit à petit la nécessité de prendre en compte le
facteur humain. La même voie semble timidement empruntée dans le cas du
développement durable et de la protection de l'environnement. Le combat
citoyen va-t-il devenir industriel et ainsi provoquer de véritable actions
politiques ?
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